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Album photo de Tahiti et ses îles

L'or noir de Tahiti


Les lagons azur des archipels de Polynésie française abritent depuis des millénaires une merveille animale, connue des polynésiens sous le nom de « Parau » qui signifie littéralement « feuilles de pierre », mère de la plus précieuse et la plus rare des gemmes : la légendaire perle noire, fruit de la mer et privilège de souverain. Depuis quarante ans, la perle de Tahiti n’est plus un mythe, mais un miracle au quotidien. Les archipels de Polynésie française vivent au rythme des récoltes de perles. Le miracle de la perle de culture de Tahiti est d’avoir instauré l’homme comme le vecteur principal d’une fusion de l’animal et du minéral.

Gemme minérale, d’origine animale, la perle de culture de Tahiti est un produit reconnu sur le marché mondial par la Confédération Internationale de la Bijouterie, de Joaillerie et Orfèvrerie (CIBJO) qui lui a donné ses lettres de noblesse, et le Gemological Institute of America, qui a authentifié ses couleurs naturelles, et la diversité de ses nuances. Symbole d élégance, de raffinement intemporel, d’exotisme, de sensualité et d’assurance, la perle de Tahiti séduit les célébrités et les icônes de la couture par sa connotation mystique et son chic contemporain. Les stylistes tels que Jean Paul Gauthier, Karl Lagerfeld, Alexander McQueen et bien d’autres l’ont adoptée, intégrée à leurs collections. Kate Moss, Jerry Hall, Sharon Stone, Liz Taylor, Joan Collins, et toutes les femmes « lumière » les portent.

Savez-vous que la perle noire possède un pouvoir d’attaction intemporelle, associée depuis toujours au désir, à la jeunesse et à une harmonie tant spirituelle que sexuelle ? Ce pouvoir d’attraction est indifférent aux effets de la mode, aux notions : d’actualité, de présent, de passé et d’avenir. Son pouvoir vient de la mer. – Pure, renouvelée et éternelle -. Sa sereine beauté est rassurante. Son magnétisme souligne ses qualitées lunaires : une densité des couleurs associée à une luminosité intérieure tout en profondeur. La perle de Tahiti présente un spectre chromatique des plus enchanteurs qui va d’un gris très ombré, proche du noir, à un rose luminescent, teinté d’exquises nuances “aile de mouche”, “de pourpre aubergine”, de bleu marine.
Porter des perles aujourd’hui représente bien plus que la garantie de la séduction. Le stress de la vie moderne a accentué le pouvoir d’attraction de la perle de Tahit. Elle répond plus que jamais au désir d’une thérapie de désintoxication et de régénerescence de l’esprit et du corps – comme des gouttes d’eau sur une peau fripée par le soleil, ou comme des gouttes de champagne sur des fruits mûrs. Acheter des perles de Tahiti, c’est faire preuve de charisme ! Elles sont faites pour la femme secrète, gracieuse et charmante qui sait avec élégance cacher ses émotions, une femme surprenante et rebelle.
Les perles tahitiennes se plaisent à séduire les hommes par leur magnétique beauté, si discrète.

L'or noir de Tahiti




Décrire une perle est une tâche délicate. Par l’esthétique simplicité de sa perfection, par son mystère, par son charme sensuel et séducteur, la perle est tout simplement indescriptible. Le “Livre de la Perle”, ouvrage de référence écrit en 1908 par Georges Kunz, explique que les perles furent évidemment les premières gemmes connues des hommes préhistoriques. Les descriptions de leur nature vinrent plus tard. D’après la mythologie Perse les perles sont les larmes des dieux. La Chine ancienne n’alla guère plus loin dans la poésie : pour elle c’est le clair de lune qui a le pouvoir de faire croître les perles. Les Grecs pensaient que les perles naissent de la rosée que la lune dépose dans la chair offerte des huîtres flottant la nuit, grandes ouvertes, à la surface des eaux.


Sa Population


L'origine du peuplement de la Polynésie a suscité de nombreuses interrogations et des théories plus au moins controversées. Au cours des trois derniers siècles, trois grandes idées sur l'origine des Polynésiens se sont détachées.

La première est celle de Forster qui, en 1778, les imaginait en derniers survivants d'un continent englouti, projection du mythe de l'Atlantide dans le Pacifique Sud. Dans les années 40-50, la théorie qui prévalait alors voulait que ces îles aient été peuplées par des explorateurs originaires de l'Ouest du Pacifique, qui auraient progressé d'île en île depuis ce qui est aujourd'hui l'Indonésie.

Thor Heyerdhal, un Norvégien, était convaincu du contraire. Observant que les courants et les vents viennent principalement de l'Est et s'appuyant sur la présence de la patate douce en Polynésie, légume originaire d'Amérique du Sud, il échafauda la théorie selon laquelle les premiers Polynésiens viendraient du Pérou. Afin de le prouver, il monta, en 1947, la fameuse expédition du Kon Tiki.
Le 28 avril 1947, il quitte Callio au Pérou avec cinq compagnons à bord d'un radeau constitué de neuf troncs de balsa assemblés uniquement au moyen de cordes, et surmonté d'une cabane recouverte de nattes. Après une traversée de 8.000 km en 101 jours, ils arrivent dans l'archipel des Tuamotu.
L'expérience de Thor Heyerdhal, malgré son incontestable réussite, fut très contestée parmi la communauté scientifique qui s'accorda à dire que tout ce qu'il avait prouvé est que les Incas auraient pu faire des voyages dans le Pacifique.
On avança même l'argument selon lequel s'ils avaient amené la patate douce en Polynésie ils auraient fait de même avec le maïs, qui existait alors au Pérou.

Après les années cinquante, archéologues et linguistes placent le point de départ des migrations polynésiennes en Asie du Sud-Est. Théorie la plus probante jusqu'à présent car depuis, de nombreux indices, tels que les langues, les marqueurs génétiques et les plantes, sont venus corroborer cette théorie.

On situe à environ 4000 ans, le peuplement du Pacifique par les populations polynésiennes. Utilisant des pirogues doubles (à voile) en bois et fibres tressées, ces premiers navigateurs, grâce à leur connaissance du vent, des courants et des étoiles, voyagèrent vers l'Est, colonisant les archipels du centre (Cook, Tahiti et ses îles...) entre 500 av. J.C et 500 ap. J.C).

Ces grandes expéditions achevées vers 1000 ap. J.C donnèrent naissance au "triangle polynésien", composé de Hawai'i (au Nord), de l'île de Pâques (à l'Est), de Tahiti et ses îles (à l'Ouest) et de la Nouvelle-Zélande (au Sud-Ouest). Les différentes langues employées dans ces îles et proches de la langue ma'ohi témoignent de l'origine commune de leurs habitants.

La société polynésienne


Autrefois, la société ma'ohi était très hiérarchisée, Tahiti étant partagée en chefferies avec à la tête de chacune, un Ari'i (chef). Le Ari'i Nui, (grand chef ou roi) était considéré comme le descendant direct des dieux. Son lignage était établi par la généalogie, que les prêtres (tahu'a) devaient connaître et réciter sur le marae (plate-forme cérémoniale).
L'insigne royal était le maro ura, (ceinture de tapa sur laquelle était fixé des plumes rouges), dont la possession donnait lieu à des guerres intestines.

On se marie et s'accouple entre Ari'i, on ne souille pas le sang des dieux et tout enfant né illégitimement était tué à sa naissance.

Les Ari'i, qui étaient à la tête des chefferies, possédaient quatre attributs: un marae, une montagne ou colline (mou'a), une pointe de terre (avancée vers la mer- 'outu) et un lieu officiel d'assemblée ou de cérémonie (tahua).
Si le respect était dû à tout Ari'i. En retour celui-ci devait hospitalité et générosité, le Ari'i était obligé de donner.

La société polynésienne comprenait également les Ari'i 'iato'ai, (nobles, branche cadette des Ari'i), les ra'atira (bourgeois), les manahune (le peuple) et les titi ou vao (esclaves ou prisonnier de guerre asservis).

Religions

Avant l'arrivée des missionnaires, les Polynésiens étaient polythéistes. Les marae (plates formes de pierres rectangulaires à ciel ouvert, entourées d'un mur d'enceinte de petite taille) étaient des lieux de culte et de cérémonie.
Il y avait plusieurs types de marae : les "côtiers" ou "publiques", en général consacrés à Oro, fils du dieu créateur Ta'aroa, qui étaient les plus importants, et les marae "intérieurs" qui étaient familiaux ou corporatiste (les fabricants de pirogues possédaient leur propre marae dédié à leur dieu).
Lorsque les missionnaires britanniques de la London Missionary Society arrivèrent à Tahiti en 1797, afin de convertir la Polynésie au protestantisme, ils trouvèrent un premier soutien en la personne du Roi Pomare. En 1819, son fils, le Roi Pomare II, élève et disciple des missionnaires, fut le premier Polynésien à être baptisé.

En 1836, des missionnaires catholiques arrivés à Tahiti, sont refoulés sur la demande des missionnaires protestants, dont le fameux Pritchard, et s'installent aux Gambier dont ils convertissent les habitants.Avant l'arrivée des missionnaires, il n'y avait pas d'écriture, tout se transmettait oralement (généalogie, légende etc.).
Les protestants mirent au point le système d'alphabet qui permit le passage d'une tradition orale à l'écrit, et traduisirent la Bible en langue tahitienne, les Polynésiens apprirent à lire et écrire à l'aide de la Bible.
Les missionnaires protestants imposèrent aussi de nombreux tabu (interdits), notamment concernant la danse et la pratique du tatouage, et firent détruire de nombreux lieux de cultes et idoles (tiki).

De nos jours, les deux confessions les plus importantes, pour des raisons historiques, sont les églises protestantes (45%) et catholiques (34%). Viennent ensuite les Mormons (6%), les Adventistes du 7ème Jour (4,8%), les Sanito (3,5%) et les Témoins de Jéhovah (1,5%).
Sources:"Tahiti aux temps anciens" de Teuira Henry - Edition de la Société des Océanistes -"A la recherche de la Polynésie d'autrefois" de William Ellis - Edition de la Société des Océanistes.

Population

Au recensement général du 07 novembre 2002, la population de la Polynésie française compte plus de 245 516 habitants, soit 25 995 personnes supplémentaires depuis le dernier recensement de septembre 1996.

Cette augmentation de 11,8 % est due en quasi totalité (à 86,6 %) à l'accroissement naturel. (Excédent des naissances sur les décès). La croissance la plus élevée s'observe aux Iles-du-Vent (+ 13,2 %) avec un déplacement de la population au-delà de la zone urbaine.Les Îles-sous-le-Vent suivent le modèle des Îles-du-Vent avec une progression de 12,6 % de leur population sur la dernière période intercensitaire. Grâce à la commune de Bora Bora, le solde migratoire est positif alors qu'il est déficitaire dans tous les autres archipels éloignés.

Dans les archipels éloignés, les Marquises et les Tuamotu-Gambier enregistrent des hausses respectivement de 8 % et de près de 3,2 % de leur population en six ans, alors que les Australes est le seul archipel à voir sa population baisser (- 2,7 %).
Iles du Vent : 184 224 habitants
Iles-sous-le-Vent : 30 221 habitantsMarquises : 8 712 habitants
Australes : 6 396 habitants
Tuamotu-Gambier: 15 973 habitants

Depuis la fin des années 70, le rythme de croissance de la population se réduit progressivement, passant de 3 % par an entre 1977 et 1983 à 1,8 % par an de 1996 à aujourd'hui.
De 1971 à 1996, l'accroissement naturel a toujours dépassé 2 % par an en moyenne. Il s'est réduit entre 1996 et 2002 à 1,6 % par an en moyenne. Ce ralentissement est dû essentiellement à la baisse de la fécondité. Ainsi, du fait d'une mortalité stable et d'une natalité conséquente, combinées par le jeu des départs et des arrivées de nouvelles personnes venues s'installer sur le territoire, le nombre de résidents en Polynésie française était de 252 900 habitants au 1er janvier 2005.
La progression du nombre d'habitants reste dynamique, mais légèrement moindre, du fait de l'érosion relative des naissances.

(source: ISPF)
Articles tirés du site http://www.tahitipresse.pf/

Sa Géographie

Tahiti et ses Iles s'étendent sur un territoire maritime de 4 millions de kilomètres carré, surface équivalente à celle de l'Europe. La superficie des terres émergées, réparties en 118 îles, couvre pour sa part 4.000 kilomètres carré.

Tahiti, île principale de l'archipel de la Société et de la Polynésie française, se trouve à 17°32 de latitude sud et 149°34 de longitude ouest, presque au centre de l'Océan Pacifique Sud: à 6.200 kilomètres de la Californie, 5.700 de l'Australie, 10.000 de Beijing, 8.800 de Tokyo et 7.500 de Santiago du Chili.

La France métropolitaine, dont dépend administrativement la Polynésie française, est située à 18.000 kilomètres de Tahiti.

Les 118 îles en cinq archipels

L'archipel de la Société, constitué des Îles-du-Vent et des Îles Sous-le-Vent, constitue un ensemble d'îles hautes tropicales, presque toutes ceinturées de lagons, dont la principale est Tahiti, avec Papeete pour capitale administrative.

Au nord de Tahiti, l'archipel des Tuamotu est un ensemble d'îles basses, ou "atolls", constituées d'une ceinture corallienne enfermant un lagon, ouvert ou non sur le large. Les atolls sont un milieu propice à la culture des nacres perlières et à l'exploitation du coprah, pulpe de la noix de coco que l'on fait sécher pour en extraire l'huile.

L'archipel des Marquises ou "Henua Enana" ("Terres des Hommes" en langue marquisienne), est un groupe de 12 îles hautes d'origine volcanique, dépourvues de récifs coralliens et de plaines côtiières.

La grande jeunesse des îles explique la puissance du relief et l'étrangeté du paysage. Six d'entre elles sont habitées. Les plus connues sont Nuku Hiva, Hiva Oa et Ua Pou.

L'archipel des Australes, situé à l'extrême sud, comporte 5 îles hautes : Rurutu, Tubuai, Rimatara, Raivavae et Rapa. Ce sont d'anciens volcans, aux reliefs doux et aux sommets moins élevés, à l'exception de Rapa, que ceux des autres archipels. Leur climat est propice aux cultures maraîchères et elles sont également le lieu de rendez-vous de nombreuses baleines, chaque année entre fin juillet et octobre.

L'archipel des Gambier, constitué de Mangareva et de nombreux îlots, est situé à l'extrême Est du territoire polynésien. Peu visité, il est propice à la culture des nacres, et compte d'importantes fermes perlières ainsi que de nombreux édifices religieux, cathédrales et couvents, construits au 19ème siècle par les missionnaires catholiques.

Climat

Le climat de la Polynésie française est de type tropical maritime, chaud et humide. Deux saisons se distinguent : L'été austral, s'étalant en général de novembre à février, se caractérise par des précipitations abondantes et une saison chaude (les températures oscillent entre 29°C et 34°C), durant laquelle des dépressions tropicales peuvent se former et, se dirigeant vers le Sud-Est, sont susceptibles de se transformer en cyclones. L'hiver austral démarre au mois de mai pour se terminer en septembre.

Le "mara'amu", alizé du Sud-Est, rafraîchit considérablement la saison, les températures vont de 21°C à 28°C. La pluviométrie annuelle augmente au fur et à mesure que l'on avance vers les îles du Sud-Ouest: Ua Huka aux Marquises enregistre le niveau le plus bas des pluies (moyenne de 800 mm/an) alors que Rapa aux îles Australes reçoit environ 2500 mm/an.

Faune et flore

Si les premiers Polynésiens ont voyagé avec, à bord de leurs pirogues, chiens, cochons et poulets, les Européens de leur coté, ont amené avec eux chevaux, chats, ânes, bovins, dindes et chèvres.En Polynésie, Il n'y a pas de serpents, ni d'animaux dangereux ou venimeux, à part le "cent-pieds", un scolopendre à la piqûre douloureuse.
Les seuls animaux dangereux, on les trouve dans l'océan (requins, murènes, poissons-pierres).

Le monde sous-marin est sans doute le plus riche: poissons de lagon aux couleurs multicolores et aussi de mer comme les thonidés, espadons, requins. Les récifs sont également un habitat propice pour crustacés et mollusques.

On déplore cependant la disparition de nombreux oiseaux endémiques des îles. Le petit perroquet bleu ("lori") des Marquises et celui de Rangiroa sont des espèces en voie de disparition. Le merle des Moluques, espèce importée, s'est par contre très bien adapté depuis son introduction vers la fin du XIXe siècle.
Parmi les oiseaux de mer, on compte les sternes blanches, la grande frégate noire, le fou masqué et le phaéton.

Grâce à son climat et à une terre riche, la Polynésie est un trésor vert pour botanistes et amoureux de la nature. Fruits, légumes, fleurs, tout pousse à profusion. Dans les vallées et jusqu'à 500 m d'altitude, cocotiers, hibiscus, bancouliers, mape, manguiers, goyaviers, citronniers, pamplemoussiers, orangers, vanilles et arbres à pain se disputent une place au soleil.

Sur les flancs de montagne entre 500 et 900 m d'altitude, s'épanouit la "lande tahitienne", composée de fougères, de purau, de pandanus et de bananiers sauvages.A partir de 900m, l'atmosphère particulièrement humide est propice à la multiplication de fougères arborescentes, pouvant atteindre 2 à 3 m. Dans cette "forêt de nuages", on trouve aussi des pandanus, et des arbres de fer des montagnes, autour desquels viennent se greffer des orchidées sauvages.Au-delà de 1500m, sur les crêtes et les hauts sommets, vivent des espèces adaptées aux fortes expositions solaires et aux basses températures.
Malgré une diversité d'espèces assez importante, la flore est menacée par certaines espèces envahissantes telles que les framboisiers, qui appauvrissent le sol, les acacias et tulipiers du Gabon, le plus redoutable étant le miconia, introduit comme plante ornementale en 1937, et qui envahit les vallées de certains îles hautes, au point de menacer les espèces endémiques polynésiennes, en les étouffant et en asséchant les sols.

Depuis l'année 2000, un programme de lutte biologique contre le miconia est mis sur pied par le ministère de la Recherche, en utilisant un champignon néfaste pour le miconia, le "Colletotrichum gloeosporrioides forma specialis miconia". Les résultats des premiers tests pratiqués dans la presqu'île de Tahiti ont été encourageants puisque 100% des plants de la zone d'essai ont été attaqués, pour 11% de mortalité.

La Danse et la Musique

Le chant et la danse en Polynésie n'étaient autrefois pas forcément synonymes de fêtes, intervenants notamment dans le cadre d'événements civils, familiaux, militaires ou religieux.

Outre les chants et les danses, les festivités ("heiva" en tahitien) comprenaient également différentes disciplines sportives, à savoir la boxe, le tir à l'arc. Lorsque les premiers missionnaires européens arrivèrent au début du 19ème siècle, ils réagirent violemment aux danses pratiquées par les Tahitiens, les jugeant indécentes, lascives voire ouvertement sexuelles.

Les danses qualifiées d'érotiques furent d'ailleurs totalement interdites en 1819. Devenues "tapu" (tabou), les danses polynésiennes sont alors pratiquées en toute discrétion, loin de l'oeil du censeur.Si le gouvernement, en 1845, autorise de nouveau les Tahitiens "à se livrer publiquement, avec modération et décence, aux danses du pays", les autorités ne tardent pas à faire machine arrière, réprimandant plus sévèrement encore les "upa upa" et autres danses.

Ces dernières sont donc tenues éloignées de toute manifestation ou cérémonie officielle, jusqu'au début du 20ème siècle. Mais, si les danses en sont exclues, les autorités se muent en organisateurs de divertissements afin de laisser aux Polynésiens la possibilité d'exprimer leurs penchants à l'occasion de "Heiva".

Une fête forte de parades militaires, de retraites aux flambeaux ou encore de défilés, mais aussi des concours de chants, de courses de chevaux ou de pirogues.A partir de 1895, la danse fait une réapparition timide à l'occasion du "Tiurai".
Les danseurs sont alors vêtus des pieds à la tête, et les femmes sont même contraintes de porter des manches longues.
C'est à Madeleine Moua, que l'on doit le véritable retour en grâce de la danse en 1956. Avec son groupe "Heiva", cette institutrice mène une complète démarche de redéfinition des traditions.

De véritables spectacles apparaissent alors, qui marquent le début d'une renaissance de la culture traditionnelle polynésienne.

Les instruments

Le pahu était l'instrument incontournable des fêtes religieuses ou nationales.

Le terme "pahu" désignait aussi le son des vagues sur le récif. Le pahu est un tambour, dont la membrane - souvent en peau de requin - est tendue au sommet de la caisse par des cordelettes reliées à la base. Certaines catégories de pahu pouvaient, dans l'ancien temps, être réservées à une personnalité ou un usage bien précis.

Le plus connu reste le "tahu 'upa 'upa", le tambour pour accompagner les danseurs. Le chef ou le roi disposait de son propre pahu, et les battements du pahu résonnaient aussi sur les marae les jours de sacrifices.

Dans le rang des percussions on compte le "to'ere", originaire des îles Cook, qui est un tambour à fente, sans membrane, taillé dans une pièce de bois dont la longueur et la proportion ont une influence sur le son. Plus l'on frappe vers l'extrémité, plus le son est sec et aigu.

Fortement présents dans la culture musicale polynésienne, les instruments à vent étaient jadis considérés comme des instruments sacrés et l'on écoutait leurs sons uniquement à des occasions particulières.

Plus connu sous le nom de "pu", la conque était utilisée pour donner un signal qui pouvait parcourir de longues distances et ainsi alerter les populations éloignées d'un couvre-feu, ou de la levée d'un tabou.
En mer et de nuit, quand la lune n'était pas pleine, les piroguiers s'en servaient pour se repérer. Sur le chemin du retour, les pêcheurs soufflaient dans leur pu pour annoncer au village une pêche fructueuse. Les pu sont façonnés dans des coquillages de la famille des tritons.

Les flûtes nasales à quatre trous, ou "vivo", confectionnées en bambou, sont des instruments à vent utilisés dans diverses occasions, pour accompagner des récitations de poèmes ou des chants polyphoniques.

Le ukulele, petit instrument à cordes à sons aigus, correspond le plus, avec les couronnes de fleurs et les vahinés, à l'image exportée de la Polynésie, et pour cause: le ukulele est l'instrument roi dans toute la région.
Il ne possède en général que quatre cordes, ressemble à une petite guitare, ou peut aussi avoir une forme triangulaire. C'est un instrument assez récent, puisqu'il a été créé à partir des instruments portugais comme la braguinha ou le cavaquinho, découvert lors des colonisations.Avec la guitare, le ukulele, est le premier instrument que l'on sort le dimanche, en famille ou entre amis, autour d'une bière, pour lancer une petite "bringue"...

Tout le sport










Les sports traditionnels de Polynésie française peuvent être classés en deux catégories: ceux qui sont pratiqués également ailleurs, et ceux qui ne sont guère pratiqués qu'en Polynésie, à l'occasion de manifestations culturelles.





Dans le premier groupe, principalement le surf, la pirogue et la chasse sous-marine, trois sports dans lesquels les Polynésiens excellent et comptent plusieurs champions du monde.En premier lieu le surf ("horue" ou "faahe'e"), natif de Polynésie, était pratiqué par presque tous les Polynésiens, toutes souches confondues, à l'aide d'une planche de bois appelée "papa faahee".

Le missionnaire protestant William Ellis, dans son ouvrage "à la recherche de la Polynésie d'autrefois", fait la description d'une "session de surf" qu'il a pu observer lorsqu'il était à Huahine; et James Morrisson, second maitre à bord de la "Bounty", dans son journal, témoigne d'une démonstration dans la baie de Matavai, à Tahiti.

La pirogue, individuelle ou en équipage de six rameurs, est pratiquée dans la plupart des pays baignés par le Pacifique Sud.
Elle gagne même désormais la côte Est des Etats-Unis et l'Europe, au point que la fédération internationale revendique maintenant son inscription parmi les disciplines olympiques.





La chasse sous-marine est une grande spécialité polynésienne, du fait des capacités exceptionnelles des Polynésiens, à plonger très profondément, à se mouvoir et à rester très longtemps sous l'eau. Même si elle était surtout à l'origine un moyen de se nourrir, la chasse sous-marine s'est structurée en tant que sport avec l'organisation de compétitions internationales.



Dans le second groupe, on peut ranger les sports traditionnels pratiqués uniquement à l'occasion des grandes manifestations populaires polynésiennes, principalement les fêtes de Juillet ("Tiurai" en tahitien).
Les concurrents doivent se présenter en tenue traditionnelle: paréo et torse nu.

Ces sports traditionnels sont principalement au nombre de quatre:

Le lancer de javelot: il s'agit de piquer sur une noix de coco fixée au sommet d'un mat de 7,50 mètres, un fin javelot lancé en le poussant par le bout arrière. Cette pratique demande une grande dextérité, et il arrive que des lanceurs ne plantent aucun javelot dans la noix de coco.
Généralement, la compétition se pratique par équipes représentant chacune une île ou une commune. Plus les javelots sont plantés près du sommet de la noix de coco, plus ils rapportent de points.


Le lever de pierre: il s'agit de soulever une pierre aux formes arrondies et de la tenir quelques secondes sur l'épaule avant de la laisser retomber sur le sol. Il y a plusieurs catégories, selon le poids de la pierre, qui peut aller jusqu'à près de cent-cinquante kilos. La tradition veut que les concurrents aient le corps enduit de monoï.

La course des porteurs de fruits: les concurrents doivent parcourir un circuit de quelques kilomètres en portant à l'épaule une lourde charge, variable suivant les catégories, disposée sur un morceau de bambou qui leur permet de faire passer le poids d'une épaule sur l'autre pendant la course. La charge est constituée de régimes de bananes, de noix de cocotiers ou autres fruits pouvant facilement être liés entre eux.

La pirogue à voile: désormais pratiquée uniquement au moment des fêtes de juillet, à Papeete et à Bora Bora, elle a quasiment disparu, malgré les efforts de quelques associations pour en relancer la pratique. Il est vrai que le maniement de cette embarcation à un seul balancier exige un sens de l'équilibre hors du commun de l'équipage, et une grande expérience de la part du barreur et du capitaine, surtout lorsque le safran est constitué de la grande rame des pirogues traditionnelles (certaines pirogues à voiles sont équipées d'une barre franche classique).

On peut également signaler divers autres concours organisés lors de fêtes traditionnelles, qui font appel à la force athlétique des participants, mais ne donnent pas lieu à un classement officiel: Les concours de décorticage de coco. Il s'agit, dans un temps donné, de sortir et mettre en sacs la pulpe du plus grand nombre possible de noix de coco.

Ce concours est généralement pratiqué par équipes de trois personnes (hommes ou femmes): un des concurrents casse les noix en deux avec une hache, le second sépare la pulpe blanche de la coquille avec un couteau courbe, le troisième alimente le premier en noix de coco, puis rassemble la pulpe pour la mettre en sac.

Les concours de grimper sur un cocotier: Surtout pratiqués lors d'animations organisées dans les hôtels. Les plus rapides parviennent en haut d'un cocotier d'une dizaine de mètres en quelques secondes. Impressionnant!

Le concours des porteurs d'oranges de la Punaruu: il s'agit de descendre à dos d'homme les oranges sauvages qui poussent sur un plateau accessible uniquement à pied (ou en hélicoptère), situé à plus de 300 mètres d'altitude dans la vallée de la rivière Punaruu, à Punaauia, sur la côte Ouest de Tahiti. Chaque année les porteurs qui ont rapportés les plus grosses "glanes" sont honorés lors d'une fête organisée à la mairie de Punaauia. Les meilleurs arrivent à rapporter en un voyage plus de cent-cinquante kilos d'oranges.



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