Les sports traditionnels de Polynésie française peuvent être classés en deux catégories: ceux qui sont pratiqués également ailleurs, et ceux qui ne sont guère pratiqués qu'en Polynésie, à l'occasion de manifestations culturelles.
Dans le premier groupe, principalement le surf, la pirogue et la chasse sous-marine, trois sports dans lesquels les Polynésiens excellent et comptent plusieurs champions du monde.En premier lieu le surf ("horue" ou "faahe'e"), natif de Polynésie, était pratiqué par presque tous les Polynésiens, toutes souches confondues, à l'aide d'une planche de bois appelée "papa faahee".
Le missionnaire protestant William Ellis, dans son ouvrage "à la recherche de la Polynésie d'autrefois", fait la description d'une "session de surf" qu'il a pu observer lorsqu'il était à Huahine; et James Morrisson, second maitre à bord de la "Bounty", dans son journal, témoigne d'une démonstration dans la baie de Matavai, à Tahiti.
La pirogue, individuelle ou en équipage de six rameurs, est pratiquée dans la plupart des pays baignés par le Pacifique Sud.
Elle gagne même désormais la côte Est des Etats-Unis et l'Europe, au point que la fédération internationale revendique maintenant son inscription parmi les disciplines olympiques.
La chasse sous-marine est une grande spécialité polynésienne, du fait des capacités exceptionnelles des Polynésiens, à plonger très profondément, à se mouvoir et à rester très longtemps sous l'eau. Même si elle était surtout à l'origine un moyen de se nourrir, la chasse sous-marine s'est structurée en tant que sport avec l'organisation de compétitions internationales.
Dans le second groupe, on peut ranger les sports traditionnels pratiqués uniquement à l'occasion des grandes manifestations populaires polynésiennes, principalement les fêtes de Juillet ("Tiurai" en tahitien).
Les concurrents doivent se présenter en tenue traditionnelle: paréo et torse nu.
Ces sports traditionnels sont principalement au nombre de quatre:
Le lancer de javelot: il s'agit de piquer sur une noix de coco fixée au sommet d'un mat de 7,50 mètres, un fin javelot lancé en le poussant par le bout arrière. Cette pratique demande une grande dextérité, et il arrive que des lanceurs ne plantent aucun javelot dans la noix de coco.
Généralement, la compétition se pratique par équipes représentant chacune une île ou une commune. Plus les javelots sont plantés près du sommet de la noix de coco, plus ils rapportent de points.
Le lever de pierre: il s'agit de soulever une pierre aux formes arrondies et de la tenir quelques secondes sur l'épaule avant de la laisser retomber sur le sol. Il y a plusieurs catégories, selon le poids de la pierre, qui peut aller jusqu'à près de cent-cinquante kilos. La tradition veut que les concurrents aient le corps enduit de monoï.
La course des porteurs de fruits: les concurrents doivent parcourir un circuit de quelques kilomètres en portant à l'épaule une lourde charge, variable suivant les catégories, disposée sur un morceau de bambou qui leur permet de faire passer le poids d'une épaule sur l'autre pendant la course. La charge est constituée de régimes de bananes, de noix de cocotiers ou autres fruits pouvant facilement être liés entre eux.
La pirogue à voile: désormais pratiquée uniquement au moment des fêtes de juillet, à Papeete et à Bora Bora, elle a quasiment disparu, malgré les efforts de quelques associations pour en relancer la pratique. Il est vrai que le maniement de cette embarcation à un seul balancier exige un sens de l'équilibre hors du commun de l'équipage, et une grande expérience de la part du barreur et du capitaine, surtout lorsque le safran est constitué de la grande rame des pirogues traditionnelles (certaines pirogues à voiles sont équipées d'une barre franche classique).
On peut également signaler divers autres concours organisés lors de fêtes traditionnelles, qui font appel à la force athlétique des participants, mais ne donnent pas lieu à un classement officiel: Les concours de décorticage de coco. Il s'agit, dans un temps donné, de sortir et mettre en sacs la pulpe du plus grand nombre possible de noix de coco.
Ce concours est généralement pratiqué par équipes de trois personnes (hommes ou femmes): un des concurrents casse les noix en deux avec une hache, le second sépare la pulpe blanche de la coquille avec un couteau courbe, le troisième alimente le premier en noix de coco, puis rassemble la pulpe pour la mettre en sac.
Les concours de grimper sur un cocotier: Surtout pratiqués lors d'animations organisées dans les hôtels. Les plus rapides parviennent en haut d'un cocotier d'une dizaine de mètres en quelques secondes. Impressionnant!
Le concours des porteurs d'oranges de la Punaruu: il s'agit de descendre à dos d'homme les oranges sauvages qui poussent sur un plateau accessible uniquement à pied (ou en hélicoptère), situé à plus de 300 mètres d'altitude dans la vallée de la rivière Punaruu, à Punaauia, sur la côte Ouest de Tahiti. Chaque année les porteurs qui ont rapportés les plus grosses "glanes" sont honorés lors d'une fête organisée à la mairie de Punaauia. Les meilleurs arrivent à rapporter en un voyage plus de cent-cinquante kilos d'oranges.
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